." Inspiré jour après jour, de son souffle et de ses criiiiiis.... " .

." Inspiré jour après jour, de son souffle et de ses criiiiiis.... " .
Je suis plongée dans des milliers de pensées, c'était mon dernier cours de dessin hier. Ca me fait un peu mal au coeur, j'aimais bien, en plus, la prof, elle est chouette. Elle a même dessiné avec nous cette fois, elle a mis les mains à la pâte, ou plutôt au fusain et au crayon. Je trouve ça cool. Une prof qui nous montre ce qu'elle fait, elle, qui nous parle de son copain qui est artiste, de ses points de vue, et tout, c'est génial. Donc je me demande si je ne vais pas essayer de reprendre ce cours au second semestre. "Je suis sure que s'il y avait philosophie de l'art, tu le prendrais!" Bha, pourquoi pas? A l'année prochaine, alors, au pire? Bref, encore toute à mes réflexions, sur mon stage cet été, sans doute au musée du quai Branly, j'ai vaguement remarqué, de loin, un des serveurs en train de téléphoner, adossé à la porte que je devais ouvrir pour rentrer à l'appart. Flûte, je vais devoir le faire se pousser. Je farfouille dans mon sac, m'arrête devant le bar.

J'ai levé les yeux de mon sac, pour voir le petit serveur asiatique que je voyais souvent le jeudi. Il était sagement assis à une table, faisait face à la vitre, à la rue, et donc à moi. Il semblait plongé dans la lecture de quelque chose, je n'ai pas fait vraiment attention à quoi. C'est dingue, j'ai l'impression que les gens sentent mon regard peser sur eux, comme si c'était une mouche perturbante. Alors il a levé les yeux aussi, et m'a vue. La spontanéité de sa surprise et de son sourire m'a fait plaisir. Le "Bonjour mademoiselle" m'a fait éclater de rire, parce que je ne pouvais pas l'entendre à cause du double vitrage, je ne pouvais que le deviner, le lire sur ses lèvres.

Pendant ce temps, l'autre serveur m'avait vue, a bougé. en s'excusant, mettant fin à mon excuse de "J'attends-de-pouvoir-passer-c'est-pour-ça-que-je-suis-plantée-là-devant-toi". Alors je suis rentrée. Toujours en souriant.
Un jour peut-être je pourrai enfin entendre le son de sa voix, sans Céline Dion dans les oreilles, sans paroi vitrée. Je pourrai peut-être même savoir son prénom, ce qu'il fait, d'où il vient.

Oui, mes hormones me tracassent peut-être un peu. Comprenez, je ne connais personne, je n'ai personne, ici, que je connaisse depuis très longtemps. En général, j'aime -trop?- me complaire dans mon indépendance et ma solitude, mon espace vital où personne ne peut me toucher. Personne ne peut me blesser. La solitude, elle, ne fait que lasser, elle ne fait pas vraiment souffrir. C'est le vide, le manque, qui parfois se fait sentir, tout au plus. Maintenant que j'ai des amis à SciencesPo, tout va très bien. Laura a dormi à l'appartement, on a regardé The Notebook et quelques épisodes de How I met Your Mother, autour de deux verres à vin remplis de Smirnoff et de plein de discussion de filles. De quoi je me plaindrai? De la fatigue, soit. Je viens de m'enfiler 15 heures de sommeil, de18h du soir, jeudi (soit juste en rentrant) à aujourd'hui 9h du matin. Eh ouais. Je suis une marmotte. :D
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# Posté le vendredi 11 décembre 2009 09:51

. Lalalalalalalalaaaaaa j'ai pas d'idée pour le titre .

. Lalalalalalalalaaaaaa j'ai pas d'idée pour le titre .




1. Je me lève au son d'RTL2, parce que je ne trouve aucune autre radio sur mon réveil que j'ai balancé par terre un nombre incroyable de fois. "Je te dooooonne toutes mes différeeeences, tous ces défauts qui sont autant de chaaaaance." Ouais, j'aime assez et j'assume.

2. Je m'habille avec audace. Et pas grand chose. Ma robe est trop courte, dès que je sors, j'ai un violent courant d'air entre mes minis seins et mes fesses, j'ai super froid.

3. Je passe prendre des journaux, pour une fois, j'y ai pensé. Je parle avec Naïma et Boule De Gras en attendant que le prof arrive et ouvre la porte. La porte était ouverte, le prof arrivé, et tous les autres étaient déjà rentrés, assis, à nous attendre.

4. J'ai manqué l'hyperventilation et la crise d'angoisse quand le prof a commencé à rendre les des interros. J'avais dormi de 3h30 du matin à 6h30, du même matin. Un siècle ne s'apprend pas en une nuit, mes enfants. Donc j'overstresse. Il finit de distribuer les copies. "Euh, Monsieur, la mienne?.." Il est surpris. "Vous étiez là?!" Bha... Oui... Je m'en souviens. "Ah oui c'est vrai vous étiez là... Attendez je l'ai pas perdue votre copie quand même!" C'est pas graaaave je veux pas avoir ma note... "Tiens Alice, elle était dans la mienne". J'ai bondi sur ma chaise. J'AI EU 16. Je crois. J'arrive pas bien à lire. HALLELUYAH MERCI PETIT JESUS.

5. Je vais en Institutions Politiques. Pour une fois, le conférencier est bien. Pas vu de Robert, je me suis pelée les miches et les seins pour rien, BouleDeGras et Naïma se sont foutues de moi, pour rien.

6. Miam miam au CROUS. NON BOULE DE GRAS ON N'EST PAS PAREILLES. Surtout pas niveau mecs. "Mais siiiiii... Je me sens seule t'es pareille que moi c'est tout."

7. Je suis sur le passage piéton, je marche tranquillement, BouleDeGras s'arrête, décide de se foutre de ma mini robe, siffle en criant "SEXYYYYYYY...". Oui. Bon. S'il n'y avait pas eu le joli garçon, hilare, qui faisait mine de me siffler en passant devant moi, ça aurait été plus fun. Là j'ai juste fait une mine outrée, j'ai eu le réflexe des gens quand on les surprend tout nus. Eh ouais. Les yeux ronds comme des billes, la bouche en cul de poule, j'ai couvert mes seins et j'ai rabaissé mon manteau. Ca en a fait rire plus d'un.

8. J'ai réussi à forcer BouleDeGras à aller au cours d'humanités scientifiques.

9. Le cours d'humanités scientifiques parlaient des réseaux d'égouts, de protéines, de cerveau, de personnes qui connaissaient Obama, du caca des parisiens, et de Dieu qui n'est pas suisse.

10. Jeanne a des feux d'artifice dans son ordinateur quand elle gagne son jeu chinois.

11. Anatole a une bonne vue. C'est pas le cas de BouleDeGras.

12. Toujours pas de Robert.

13. J'ai froid. Pourquoi Bruno a-t'il ouvert la porte?

14. J'ai le hoquet. J'ai fait des bruits de goret à 20 secondes d'intervalle pendant 20 minutes.

15. J'ai foutu du chocolat partout sur ma robe noire, et ça se voit.

16. Sébastien parle dehors avec un mec de mon cours de socio. Je vais lui dire bonjour, parce qu'il est fun ce gars, et Sébastien de bredouiller, en hallucinant... "Vous, vous... Vous vous?..." Connaissez. Oui. "Cours de maths" se sent alors obligé d'expliquer le-dit garçon. Ensuite, Sébastien essaie de caser Caroline avec. "Regarde, il est de droite, il est plutôt beau gosse, qu'en penses-tu." BouleDeGras, ébahie, se ressaisit vite, et grince très fort "J'ai PAS BESOIN DE TOI okay t'en fais pas je me débrouille toute seule." Hum. Donc moi je discute avec le mec, comme ça, pour détendre un peu l'affaire.

17. "NON MAIS JE REVE PUTAIN T'AS VU CE QU'IL VIENT DE ME FAIRE?! ATTENDS GENRE MAIS JE LUI AI RIEN DEMANDE -RIEN DU TOUT. J'HALLUCINE." BouleDeGras s'énerve contre Sébastien.

18. BouleDeGras me tape parce que j'ai eu le malheur de dire que le-dit mec de socio était mignon et gentil, pour sa défense et elle s'écrie "MAIS ALORS! Putain tu passes ton temps à dire que personne ne te plait à Sciencespo, fonce." Mais bon sang, je n'ai pas envie de sortir avec tout le monde.

19. J'ai acheté de la SMIRNOFF. Entre autre. Je rentre à l'appart, trouve un tas de brin dans ma boîte aux lettres: des pubs, des échantillons de sels marins, des pubs, une lettre de maman, des pubs. Je monte dans ascenseur, arrache l'enveloppe, sort le billet de train, assorti d'un post-it en forme de lèvres rose qui sent la fraise. Je sniff. Je lis. Je souris. Quelque chose me dit que je manque à Maman, elle dessine des coeurs à côté du "Gros Bisous".

20. Je suis fatiguée. Je vais faire un peu mon journal d'Humanités scientifiques, avant d'accueillir Laura et Leaticia dans mon palace de 17m² pour watcher des Walt Disney toute la soirée.
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# Posté le mercredi 09 décembre 2009 12:07

Modifié le vendredi 11 décembre 2009 09:28

. One true timeeeee .

Je viens de regarder Titanic.

Snif.

(
Anatole grommèle "Mais comment tu peux regarder ça...Avec la chanson de Céline en plus."
BouleDeGras m'a hurlé dans les oreilles "QUOI TU L'AVAIS PAS VU AVANT?!!! NAAAAANNNN?!! ATTENDS c'est LE truc A VOIR UNE FOIS DANS SA VIE DE FILLE C'EST O-BLI-GE. T'ES DES NÔTRES MAINTENANT, OUF!"
)

# Posté le dimanche 06 décembre 2009 16:13

Modifié le lundi 07 décembre 2009 10:54

. On enchaiiiiiine... La tournée des bars parisiens, allez, c'est parti, et tant pis pour l'humanité scientifique, hein.

. On enchaiiiiiine... La tournée des bars parisiens, allez, c'est parti, et tant pis pour l'humanité scientifique, hein.
Et sinon.

Ca y est, on fait sortir Anatole une fois, il nous enchaine les sorties. Un sms m'invite cordialement à venir au Footsie, un bar où "la bière s'échange au prix de l'offre et de la demande".

Après notre cavalcade sur la Tour Eiffel, je me réveille à huit heures du matin... Pour entendre la pluie tambouriner contre ma vitre. J'étends un bras, juste pour tirer le rideau et voir le jour... Hm. Pluie. Gris. Je m'enfonce avec bonheur dans ma couette, bien chaude, bien douce. Dodo.
Midi, je me réveille. Bon allez. Je dois me lever, allez à la séance de dédicaces. Douche. Petit-déj'. Je file donc à la séance de dédicaces, et je ne vous cache pas ma déception. Pas de Plantu, pas de Sempé, pas de Pénélope, même pas de Beigbeder pour faire plaisir à Ann. Et surtout. Pas de Luc Ferry pour faire plaisir à Papa. Merde. Bon, frustrée, je ressors direct, Berstein, Milza et Duhamel, je m'en tamponne un peu.

Je vais donc à la braderie. C'est la deuxième, et donc maintenant l'unique, raison pour laquelle j'étais restée à Paris pendant ce week-end de trois jours. La braderie des Beaux-Arts. J'ai franchi le portail, les larmes aux yeux. Ahah. C'est pas du tout comme si c'était le bâtiment le plus superbe que j'ai vu. C'est pas du tout comme si j'étais tombée, direct, sous le charme de cette école prestigieuse, et belle à en pleurer. C'est pas du tout comme si je tentais désespérément de rattraper mes larmes pour ne pas avoir l'air débile. C'est pas du tout comme si j'avais mon rêve, là, pile sous mes yeux, le rêve que j'ai refoulé minutieusement. C'est pas comme si, là, en ce moment précis, j'aurais tout envoyer valser, SciencesPo, les parents, tout le reste, pour me planquer dans l'antre de mes espoirs de Première.

Je me suis juste raclé la gorge, dit que SciencesPo, c'était très bien aussi, avec un goût un peu amer en bouche, mais l'autoconviction a suffit. Je rentre dans la salle d'étude. Damned. C'est un endroit magnifique, on l'aurait deviné. Bondé, aussi, pour le coup. J'entame mon tour de table, pour trouver les livres de mes rêves. Je passe sur les détails. Grosso-modo, j'achète d'abord un bouquin sur le photojournalisme, que je prêterai à Kimounette si elle veut parce qu'on est toutes les deux dans la même galère maintenant, et que ce bouquin la concerne encore peut-être plus que moi vu que, elle, elle sait faire de la photo. Mais ce livre est vraiment, vraiment trop gore, déprimant et dégueu. Bref. Après, un petit bouquin sur les conseils de peinture de Leonard de Vinci m'a intéressée, bien qu'il parle de la peinture classique et qu'il y a peu de chances que je peigne dans ce style. Et enfin, je suis revenue au stand où j'avais trouvé LE livre qui m'avait tapé dans l'oeil. Boudin. Eugène, de son prénom. Je feuillète les pages: il sait jouer avec l'aquarelle, la gouache, il change de style, de thème, c'est agréable à regarder. J'en feuillète un autre du même artiste, mais beaucoup moins bien, moins complet. "Ah, là, pour Boudin, vous avez le choix. Il y en a trois, de bouquins." Je lève la tête. L'homme qui me parle a un regard de Don Juan, de l'autre côté de la table. Il a un grand sourire blanc, éclatant, digne d'une pub Colgate. Ses cheveux mi-longs sombres, mais grisés, ondulent de chaque côté de son visage. Je me mets à rire bêtement: "Ahah oui mais c'est le budget étudiant qui fera le choix après." Ses grands yeux bleus me fixent un moment, dubitatifs. "On peut faire un prix étudiant..." Comme il souriait toujours, je ne l'ai pas pris au sérieux, j'ai ri. "Celui-là, c'est le plus beau, il y a tous ses dessins. Il y a de quoi faire rêver, hein?" Il ajoute ça en pointant du doigt le livre, évidemment, que je préfère, LE livre. Je regarde le prix, réprime un hoquet. 55 euros. Bon sang... Remarque, en voyant le prix de départ, c'est une affaire. J'ai halluciné un peu en voyant le petit "108 euros" barré sur l'étiquette du haut. Je feuillète encore les pages, désespérée. Mes yeux de biche, quand je les ai relevés vers l'homme, ont réussi à l'attendrir , visiblement. "Allez, je vous le fait à 45 euros." Toujours cher, mais bon; je craque et j'achète. Il cavale dans tous les sens pour me rendre ma monnaie, Le temps de jeter un coup d'oeil autour de moi. Et de constater que, vraiment, l'art n'a pas de prix. Un livre de la Fontaine et de ses fables illustré? Pour la modeste somme de 200 euros. Des reproductions quasi-originale d'oeuvres? Allez, c'est pas cher, juste 600 euros.

Je sors de là, un peu ruinée. Mais globalement contente. Je fais un tour dans la chapelle. Reçois le texto d'Anatole "Allez viens boire un coup, tu travailleras après!" Cède lamentablement. "Cool!" Bon, dans ce cas, je fais juste un tour vite fait dans la Chapelle et je file bosser. Et je me retrouve nez-à-nez avec l'Arche de Noé, en plein milieu de la micro-chapelle envahie de gisants, de statues, de petits bouts de marbre, de peintures extraordinaires. Des reproductions de tout. Je vois un éléphant, une girafe, un bout de fourrure blanche d'ours polaire, le tout refourgué dans un espèce de bateau blanc éventré soigneusement pour qu'on voit bien ce qui s'y passe. Je fais le tour. Tous les animaux sont impressionnants. Ils sont empaillés, mais tellement vivants. Mon visage est à quelques centimètre de la gueule d'une lionne. Les scorpions, mygales, scarabées escaladent les parois du navire. Les rats courent sur les bords. Le tigre s'apprête à s'attaquer à la girafe tombée au sol. L'autre girafe fait face à l'autre tigre, qui est monté sur une passerelle. Des chouettes, des loups, des biquettes, il y avait de tout. Un détail me choque. Certains sont brûlés. Carbonisés, même. Des lambeaux de peaux et de fourrures retombent tristement par terre, les poils noircis contrastent avec la mousse jaunâtre qui remplissent les animaux. Qu'est ce qui s'est passé?

Le premier février 2008, à cinq heures du matin, la maison Deyrolle a pris feu. Ce cabinet d'histoire naturelle était unique en Europe. L'artiste, Huang Yong Ping, s'en est inspiré. (Cliquez là si vous voulez voir des photos et des explications sur l'oeuvre étonnante, qui m'a captivée pendant toute l'aprem.)

Bref, là, je vois une fille dessiner. J'en meurs d'envie aussi. Je vais avoir l'air cruche. Je ne suis pas ici, je ne fais pas d'études artistiques, rien ne justifie que je me plante en plein milieu... Mais j'ai mon carnet à dessin, des crayons... Allez. Je sors un bic, mon carnet, et commence. Je suis debout, sans chaise, sans lumière, tant pis. J'esquisse au départ, c'est toujours moche.

Ahah. L'Homme est curieux, c'en est maladif. J'aime les gens. Ils m'amusent. Il y a ceux qui jettent des coups d'oeil discrets, qui ne veulent pas que je vois qu'ils me regardent, qu'ils regardent la feuille. Soit ils ne veulent pas me déranger, soit ils veulent jouer les indifférents, les "non-non-je-ne-regarde-pas." Mais je vois bien le léger écart qu'ils font, leur pieds qui dérivent tous seuls vers moi. C'est drôle. Puis il y a ceux qui regardent franchement, sans complexe, qui assument leur vilain défaut. Et les plus adorables, les plus amusants, ceux qui n'ont pas le choix. Qui sont tellement curieux qu'ils doivent obéir à ce sentiment violent qui les poussent vers moi, qui les portent sur la pointe des pieds pour voir ce que je fais. Les enfants, bien sûr. Je ne suis pas bien grande, mais eux n'arrivent même pas à la hauteur de mon carnet de dessin. Alors ils font comme ils peuvent. Eux ne disent pas grand chose, à part quand leur maman s'exclame. "Oooh regardez ce qu'elle fait!" Alors là, ils n'ont plus aucun complexe, ils sautillent, ils se mettent à ma place, pour essayer d'avoir la même vue, ils vont le tour de l'animal que je dessine et reviennent à la charge, avant de lâcher le plus adorable, le plus léger des "Wowh." Moi je rougis, je souris, je remercie. "Vous y arrivez, sans lumière, sans chaise, ni rien?" La maman est surprise. Et me fait par là remarquer que ça fait deux heures que je suis plantée là, debout, statique, pire que les animaux et les statues. Il n'y a plus de lumière. Et je ne sais plus marcher tant je suis engourdie.

Je sors de la petite Chapelle. J'aime. J'embrasse du regard une dernière fois l'école des Beaux-Arts. Ca me rappelle un quiproquo monstrueux au cours de dessin. Une fille me demande "Tu dessines beaucoup?". Moi de répondre: "Oui assez, j'ai fait les Beaux-Arts en fait." (Elle a compris "Je fais les Beaux-Arts") Elle est surprise mais admirative. "Aaaah ça explique... Euh... Et tu t'en sors avec les cours et tout? Le double cursus, c'est pas trop dur?". Pardon? Quel double cur-... "Aaaah noooon! J'ai eu des cours en Terminale, deux heures par semaines au plus, plus maintenant!" Je ris. N'empêche, ça aurait été le super plan, ça...


Le temps d'arriver à l'appart, je me prépare. Je sors, me perds dans le métro, encore. Demande à Anatole s'il est déjà arrivé, il me répond que oui, lui demande avec qui, et lui m'envoie ce sybillin message "Surprise!". Soit. Arrivée là-bas, à coup d'aide de mon GPS Anatole, je les vois sous un petit parapluie écossais. Je ne suis même pas en retard, le bar n'est même pas encore ouvert. Parcontre, je ne connais aucun des trois autres garçons. Je grimace intérieurement. Je vais être en minorité, et je n'aime pas beaucoup ça. Mais bon. Ils ouvrent le bar. On se croirait dans un salon anglais. Les garçons enlèvent leur veste, et je peux remarquer leur magnifique cravate pour deux d'entre eux. La chemise. Le pull taillé en V pour le plus "oléolé". Sinon, c'est le costard complet. Je grommèle, discrètement, à Anatole "Mais tu m'as emmenée où, là?..." (Sous-entendu, "Et avec qui?") Et lui de répondre le plus simplement du monde que ce bar suit la Bourse, que le prix de la bière varie en fonction de l'offre et de la demande. Sur l'écran de télé, en effet, les prix s'affichent, comme dans les rares séries américaines où les acteurs se retrouvent pendant deux secondes dans un espèce de Wall Street.

Anatole me paie ma bière, donc moi, peu m'intéresse le prix des consommations. Mais je fixe avec intensité l'écran quand les conversations deviennent trop compliquées pour moi -soient 99% du temps. J'ai l'impression d'être idiote, complètement décalée, j'ai la vive sensation de ne rien avoir à faire là. J'aurai donné beaucoup pour avoir quelqu'un qui me parle de potins ridicules, de pipi-caca-prout, de Walt Disney. Mais non. Et que je te colle des philosophes nazis que personne ne connaît à par moi, ah bha non, il est pas nazi, et que je te parle des prépas et du programmes de révisions et des Conseils Généraux de Machin-trucs-bidules. Je me raccroche à Anatole, le seul dont je peux comprendre à peu près le baratin. Avant que, voyant ma détresse, Costard-cravate ne vienne à ma rescousse et me demande d'où je viens, ce que je fais, quelle prépa j'ai faite, etc. Enfin des questions à ma portée. "Tu fais sport au deuxième semestre?" OUF. Vive l'alcool, ça rabaisse un poil le niveau. Je ris pas mal, ils sont fun, ces gens. En allant aux toilettes, j'ai l'impression d'être dans un rallye BCBG. Ahah, je pourrai me marier avec Costard-Cravate, je serai riche. En plus il est gentil. Je riais devant mon reflet dans la glace, toute seule, tellement c'était bizarre, loin de tout ce que j'avais pu avoir comme soirée avant. Ce n'est pas aux barbecues du club qu'on parlerait des gouvernements des différents pays, ni des illustres philosophes inconnus. Ce n'est pas à nos soirées entre amis qu'on jouerait à la Bourse avec la bière. Je reviens à ma place. Etait-ce l'alcool ou Anatole était vraiment mignon? Je réfléchissais intensément, brumeusement, à la question, et passait ma main dans ses cheveux bruns das il se penchait pour voir l'écran boursier. Avant de réaliser. Bon sang, BouleDeGras a raison. Arrête ça tout de suite, espèce d'idiote, c'est l'alcool. Lui soupire. "La Corona a augmenté."

Ensuite, on s'est levés, on est partis pour un Kebab. Eh oui. Les BCBG mangent des Kebabs, en regardant Miss France. En commentant les visages des Miss. "Maaahhh arrêtez les gars, elle est mignonne!" Anatole est le moins difficile. Parcontre, quand il s'agit des filles à SciencesPo, j'entends des "Elles sont pas extras franchement, j'en n'ai pas vu des très jolies." Anatole éclate de rire en voyant ma grimace. Merci. Bon. Sans compter monsieur Pull-en-V qui cherche à me rassurer gentiment, en parlant du métro de minuit. "Aaah mais t'en fais pas tu risques pas de te faire violer!" Ahahahah. Attends. Pourquoi?! Arrêtez d'insinuer que je suis moche! J'ai déjà rêvé que Robert me le disait franco. "Nan mais c'est dingue comme tu me fais AUCUN effet, t'es mais alors PAS DU TOUT mon type, c'est... Impressionnant. Tu m'attires pas du tout, désolé." Je me suis réveillée complexée et traumatisée. Soupir.

Toujours est-il que c'était une bonne soirée, que le chocolat viennois était très bon, que je me suis bien amusée, qu'ils m'ont bien fait rire, ces gens, qu'ils sont bien sympathiques. Et que je finirai par rentabiliser ma carte Navigo, à ce rythme là.

# Posté le dimanche 06 décembre 2009 08:44

. LOL . 18 ans, c'est trop vieux pour un tas de choses.

. LOL . 18 ans, c'est trop vieux pour un tas de choses.

Jeudi soir : Je mange la sucette que BouleDeGras m'a offerte. J'attends donc au passage piéton pour passer et aller, guillerette ou presque, à mon cours de sociologie. Là, ma bouche étant un peu petite pour le gros bonbon au goût coca-cola, je laisse échapper un bruit de prout retentissant. Un Anglais chauve se retourne, me dit Bonjour. Je réponds poliment, tout en sachant pertinemment que je ne le connais pas et que lui non plus ne me connait pas. Le petit bonhomme est toujours rouge.
L'Anglais fait un savant demi tour, et se colle à côté de moi.
Il me regarde.
Me sourit.
Me parle.
" So you like amjldkhdhdfdj?" (Comme vous pouvez le constater, je n'ai pas compris la fin de sa phrase.)
Je souris poliment, je dis "Yes" en léchant mes lèvres imbibées de sucre.
Lui sourit de plus belle.
"It has a good feeling, right?..." Feeling? Pourquoi feeling? C'est un sentiment, ou une sensation... Moi j'aurai dit taste?..
Alors je redis "Yes" en riant. Lui me fixe avec des yeux étranges, avant de se retourner vers le passage piéton. Le petit bonhomme étant vert, il me dit "Good evening!", hilare, et part en courant.


... Attendez, il m'aurait quand même pas demandé "So you like sucking things?" ?!!


# Posté le dimanche 06 décembre 2009 08:43